L’École des assassins, Thomas Day & Ugo Bellagamba
Résumé
Dans le Hong Kong des années 2050, les entreprises-États luttent sans merci les unes contre les autres, mais aussi contre les triades. Ryu l’Acrobate est un employé de Voyager Concept, transnationale dont le service action est formé de membres de la très secrète “École des assassins”. Un homme nano-augmenté, voué à servir sans états d’âmes, sous la direction de Marion Strauss. Voué, aussi, à exécuter ses anciens compagnons qui ont fait le choix de la dissidence en refusant les ordres. Parmi ces dissidents, le Samouraï – qui a suivi l’enseignement du bushido – va se dresser contre Strauss.
Critique
L’École des assassins est le croisement de The Matrix, le film des frères Wachowsky, et de Oni, le jeu des studios Bungie. On y retrouve bien les personnages aux pouvoirs physiques surhumains, ceux qui leur permettent d’éviter les balles qui sont tirées dans leur direction, qui leur permettent de sauter dans le vide, ou de bondir en traversant les plafonds. Et on y retrouve également cette atmosphère asiatique, ces héros nano-augmentés qui découvrent que leurs pouvoirs sont mis au service d’une lutte sans merci entre entreprises-États et triades.
L’ouvrage est une collaboration entre deux écrivains français. De l’aveu même de Ugo Bellagamba (cf. interview dans Bifrost 33), la rédaction s’est faite après que les auteurs aient eu une vision très précise de là où ils voulaient emmener le lecteur. Chacun s’est ensuite attribué une série de chapitres à écrire. Et même si leurs travaux ont été homogénéisés, le lecteur parvient malgré tout à se faire une idée de qui à écrit quoi. Pour moi, Day serait l’auteur des chapitres 2, 4, 6, 8, ainsi que des prologue et épilogue. Bellagamba, quant à lui, aurait écrit les chapitres 1, 3, 5, 7, ainsi que les deux inserts. Hasard ou réalité, il se trouve que les scènes d’action alternent très régulièrement avec les scènes de “mise en place”. Et on retrouve bien la “patte” de Thomas Day dans ces scènes d’action, ainsi que dans le chapitre 4, “L’île aux cerisiers”. Le Samouraï, après tout, n’est autre que le pendant du Mikédi de La Voie du Sabre, l’élève parfait du maître Hokaï.
Très vite, le lecteur est immergé dans une atmosphère précise et détaillée : les scènes d’exposition relatant l’historique de l’école des assassins et les scènes de combat richement décrites s’enchaînent avec soin. En 180 pages, Day et Bellagamba prennent leur temps pour nous amener dans leur monde. Le synopsis et la structure du texte sont relativement simples, et le roman se lit d’une traite. Tout juste pourrait-on regretter justement que le texte soit trop court : après tout, même si le décor est classique, le style est agréable et l’on aurait bien suivi encore un peu des aventures du Samouraï et de l’Acrobate.
- L’École des assassins, Thomas Day & Ugo Bellagamba (2002), Le Bélial’.
• 
)
Il n’y a pas de commentaire pour cet article.
Laisser un commentaire :