Bifrost 39, Olivier Girard
Résumé
Tandi Ha Maira est en attente d’une translation pour Mars. Comme des dizaines d’autres, elle se rend tous les jours au centre millien pour assister au départ des transilés. Mais cette fois, alors qu’elle observe attentivement une candidate au départ, des pensées étranges lui traversent l’esprit.
Marcel Proust, employé au Bureau des Statistiques, en est à sa première mission. Alors que les Swönn ont réussi à convaincre chacune des Anciennes Races Galactiques de se réunir et de signer un traité de paix, Proust doit prévenir les rivalités et les manquements à l’étiquette que ne manqueront pas de provoquer les factions hostiles au traité.
Lizzie O’Brien est l’un des trois membres de l’équipage d’un voyage d’exploration à la surface de Titan. Alors qu’elle est bloquée dans un ballon à huit kilomètres de la surface, condamnée à la mort, elle entre en contact avec une intelligence.
Critique
La partie littérature de Bifrost est constituée ce trimestre de trois nouvelles.
“La Source Rouge” (
) de Michel Jeury commence par quelques lignes qui évoquent le départ des fusées du film Bienvenue à Gattaca. On s’aperçoit vite qu’il s’agit d’une erreur, et pourtant on assiste bien à l’attente interminable de Tandi Ha Maira qui n’a qu’une chose en tête, être transilée afin de rejoindre les mondes ultimes : la Lune, Mars ou Vénus. En fait cette nouvelle, qui plante patiemment le décor d’un monde parfait dans lequel des “sphérides” – de petites intelligences artificielles dont la nature est fonction de la couleur – veillent sur les humains, nous propose une énième vision du futur dans lequel les machines “élèvent” des humains afin de les transformer en “ultimates”, des êtres immatériels qui leur ressemblent. Les prises de conscience de Tandi Ha Maira sont intéressantes, c’est bien écrit et bien structuré, mais il n’en reste pas moins que ça ressemble beaucoup à The Matrix, l’action en moins.
“Du côté de chez Swönn” (
), de Luc Dutour, est sans intérêt. Autant “Ça gaze !”, première partie du Cycle des Statistiques publié dans Bifrost 36, était amusant et se lisait avec plaisir, “Du côté…” n’est que prétexte à enfiler jeux de mots bien lourds et allusions sexuelles tout aussi fines.
La dernière des trois nouvelles publiées ici n’est rien moins que le Prix Hugo 2003. Dans “Vie Lente” (
), Michael Swanwick nous offre un joli récit de hard science. La première page, qui décrit en vingt-neuf lignes la chute d’une goutte d’eau mérite à elle seule une relecture. C’est un récit d’exploration qui tourne mal, la rencontre d’une intelligence extra-terrestre qui est la preuve, encore une fois, que si l’homme a naturellement tendance à se croire supérieur à toutes choses, il n’est en fait qu’une forme d’intelligence – et plutôt fragile, en plus – parmi d’autres possibles. Superbe.
La partie critique, quant à elle, est constituée d’une quarantaine de pages qui tâchent de recenser les sorties du dernier trimestre, puis d’une interview de Christopher Priest à l’occasion de la parution en France de son roman La Séparation. André-François Ruaud propose un point sur la science-fiction anglo-saxonne. Puis quarante nouvelles pages consacrées à une longue interview de Michel Jeury, accompagnées d’une bibliographie. Enfin, Roland Lehoucq propose un article sur le voyage dans le temps. Les remises de prix passées et les sorties à venir clôturent comme d’habitude la revue.
- Bifrost 39, sous la direction de Olivier Girard (2005), Le Bélial’.
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Il y a 2 commentaires pour cet article :
A propos de “Vie Lente”, il ne s’agit pas d’une goutte d’eau, mais d’une goutte de pluie. Pluie de méthane/éthane ou autres composés organiques et non pas d’eau qui ne peut exister dans les conditions de pressions et de température (glaciale) de Titan. ;-)
J’ai lu la nouvelle hier et elle est effectivement très jolie. Si tu ne l’as toujours pas lu, tu devrais apprécier “Revelation Space” d’Alastair Reynolds (astrophysicien jusqu’à ce qu’il se décide de se consacrer entièrement à l’écriture).
21 February 2007 à 18h20
Bifrost 45, Olivier Girard…
On reste dans la même veine que pour les deux épisodes précédents publiés dans Bifrost 36 et 39 : une science-fiction portée essentiellement sur les jeux de mots et l’humour, absurde et rocambolesque.
6 November 2007 à 22h24
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