La Cité du Soleil, Ugo Bellagamba
Résumé
De retour de voyage, Laura découvre que Paul, son ami, a disparu. Paul qui menait des recherches sur les utopies, et plus particulièrement sur la Cité du Soleil du moine Tommaso Campanella. Il semble bien que le jeune chercheur ait localisé la cité quelque part en Provence !
An 226 de l’ère impériale. Giordano Trismegista, officier scientifique du Champollion, accompagne Michel “Horus d’Or” Bonaparte, héritier de l’empire, dans sa mission d’exploration spatiale. Plus de deux siècles plus tôt, son ancêtre a conquis un Empire en exhumant les restes de la civilisation égyptienne. Aujourd’hui, pour que naisse la République, il faut que l’Aiglon soit éliminé.
Hu-Jon est un Hu, l’une des nombreuses races stellaires qui peuplent la Voie, menacée par l’Entropie. Gardien de la Mnémothèque, il met au jour les Archives interdites, échos d’une ère très ancienne, l’Ère organique. Mais les Archontes veillent sur la Voie, et tiennent à sa disparition…
Critique
La Cité du Soleil (et autres récits héliotropes) est un recueil de trois novellas et une nouvelle. Si “La Cité du Soleil” et “Dernier Filament pour Andromède” sont des inédits, “L’Apopis Républicain” a déjà été publié en 1999 dans le recueil Aventures Lointaines 1, sous le pseudonyme de Michael Rheyss. “La Stratégie Alexandre”, qui prolonge cette novella, est paru pour sa part dans l’anthologie Passés Recomposés.
“La Cité du Soleil” (
), qui ouvre le recueil, est un récit relevant du fantastique. Il s’agit d’une quête – très linéaire – : pour retrouver son ami Paul Grimal, Laura doit d’abord mettre à jour, décrypter et interpréter un poème de quelques vers. À l’issu de ses recherches – issu dont on ne doute d’ailleurs jamais –, la jeune femme va se trouver face à un choix décisif : rejoindre Paul dans une autre réalité, celle de la Cité du Soleil, ou l’abandonner définitivement. On pense beaucoup à la nouvelle “Les Oiseaux Lunaires” de Michael Moorcock. L’histoire ne laisse pas un souvenir impérissable (les poèmes mystérieux, les triangulations, on a lu tout ça déjà – et en mieux – dans L’Aiguille Creuse), et le texte vaut surtout pour les extraits de la thèse de Paul Grimal, glissés entre chaque chapitre, et qui constituent une introduction plus qu’intéressante aux utopies.
“L’Apopis républicain” (
), lui, est un texte de science-fiction à forte inspiration steampunk. On y retrouve une dynastie Bonaparte toute puissante, qui tire son pouvoir des découvertes égyptiennes de Champollion. L’illustre découvreur de la pierre de Rosette, en effet, a permis à l’Empereur de s’approprier la puissance des anciens Égyptiens, puissance qui leur avait été offerte par leurs dieux venus des étoiles. Dans ce contexte, le récit de la lutte de quelques intrigants déterminés à remplacer la dictature de l’Empereur par une république est passionnant : leurs états d’âmes, leur volonté de mettre à bas un Empire vieux de plusieurs millénaires est habilement rythmé. Les artefacts et les références égyptiens sont pour beaucoup dans l’ambiance particulière qui se dégage de cette novella. Et si quelques passages nous font penser de temps en temps au film Stargate, le texte qui la prolonge nous y replonge indubitablement.
Quant à “Dernier filament pour Andromède” (
), qui clôt ce recueil, il s’agit ni plus ni moins que d’un “pur” récit de science-fiction. En cela, il est certainement plus déroutant pour un lecteur occasionnel : l’Univers qui y est décrit est si loin dans le futur qu’il ne reste aucun repère auquel s’accrocher. Les humains n’ont plus rien d’humain, justement, et l’on est plongé immédiatement dans un monde déroutant. C’est au fil de la lecture que la compréhension se fait, et le ton hard-science qui sous-tend l’ensemble du récit suffit à le rendre crédible. L’utilisation des symboles mathématiques comme moyen de communication est magnifique. Les transitions temporelles évoquent des possibilités passionnantes. En tout cas, voilà un récit de science-fiction qui fait rêver en exposant patiemment le lecteur à la structure de l’univers qu’il décrit.
Ugo Bellagamba produit là un recueil au contenu varié. “Dernier filament pour Andromède” justifie à lui seul l’achat de l’ouvrage, et c’est avec intérêt que l’on attend de nouveaux textes de l’auteur.
- La Cité du Soleil, Ugo Bellagamba (2003), Folio SF.
• 
Il n’y a pas de commentaire pour cet article.
Laisser un commentaire :