La Cité des Crânes, Thomas Day
Résumé
Thomas est un agent dormant de la République Invisible, un organisme occulte millénaire dont la mission laïque est d’assurer un certain équilibre entre les peuples de la planète. Tenu de quitter la France, il s’embarque pour la Thaïlande y rejoindre une fille chez qui il trouve un accueil éphémère avant de se lancer dans une longue errance à travers le pays. Décidé à s’y installer pour un moment, il accepte un emploi d’homme de confiance au Tijuana Bar, un bar à putes de Mae Sot tenu par Emilio Homero. Homero qui s’éloigne de temps en temps pour une destination sur laquelle il laisse planer le mystère.
Critique
Thomas Day nous a habitué à ses récits de science-fiction ou de fantasy bâtis autour de la violence ou du sexe. C’est un récit d’aventure plutôt éloigné de ces genres qu’il livre ici, un roman dont certains passages semblent autobiographiques et qui ressemble à The Beach, d’Alex Garland – mis en images en 2000 par Danny Boyle, avec Leonardo DiCaprio –, roman auquel il est d’ailleurs fait allusion à plusieurs reprises. Day donne en page 15 une grille de lecture des temps employés dans son propre texte.
Le présent ment toujours, le passé ment parfois, le futur n’a encore jamais menti.
Ce qui aide un peu, tout en restant plutôt vague. On n’en a pas moins la conviction que ce récit est inspiré par un certain nombre d’événements vécus de près. Il n’en ai que plus intéressant parce qu’il est ainsi ancré dans une réalité qui flatte le goût du voyeurisme du lecteur.
La violence est latente et le sexe, quant à lui, omniprésent. On ressent de plein fouet la moiteur de l’atmosphère et l’odeur de la jungle. La mise en page aérée et le style limpide et évocateur font de ce roman un véritable plaisir de lecture. Les pages se tournent très vite alors que l’on ne peut pas vraiment parler de suspense – la République Invisible sur laquelle s’appesantit la quatrième de couverture n’a pas vraiment d’autre usage que celui de planter une partie du décor –, et l’on se retrouve passionné par le récit d’une commande faite sur Amazon.fr, ou par les nombreuses digressions qui parsèment le texte. Plus que les quelques chapitres dans la Cité des Crânes proprement dite, ce sont toutes ces autres pages qui donnent envie de rester plus longtemps dans cette “tranche de vie” qui s’étale ici sous nos yeux à la manière d’un journal, d’un road-book écrit par un aventurier sans autre but que celui de vivre, tout simplement.
Day nous offre donc là un texte très personnel, sa propre Plage en fait, sur laquelle existe une communauté trash et hallucinée et dont le héros choisira très vite de s’éloigner, guéri de ces démons qu’il était venu y chasser. Un récit passionnant qui donne envie d’être lu d’une traite.
- La Cité des Crânes, Thomas Day (2005), Le Bélial’.
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