Pasquale’s Angel, Paul J. McAuley
Résumé
Florence, au début du XVIe siècle. Léonard de Vinci, le Grand Ingénieur, a donné à Florence une influence considérable sur les affaires du monde en consacrant sa vie à l’ingénierie et à la construction des machines stupéfiantes qu’il ne cesse d’inventer. Pasquale, quant à lui, est disciple en peinture et se trouve emporté avec le journaliste Niccolò Machiavegli dans une intrigue dont l’issue pourrait bien être la guerre avec Rome et le Pape.
Critique
Pasquale’s Angel est une uchronie. Dans ce passé alternatif où la ville de Florence vit la Révolution Industrielle avec trois siècles d’avance, Léonard de Vinci a choisi de poursuivre une carrière d’ingénieur plutôt que de se consacrer à l’art. De fait, la ville étouffe sous une chape de pollution, et les rues résonnent des cliquetis des engins automatiques. Quant aux peintres et autres artistes, on commence à penser leur avenir menacé par deux des inventions les plus récentes du Grand Ingénieur : la photographie et le cinématographe. Bien sûr, comme dans toute uchronie, quelques personnages célèbres sont bien présents. C’est ainsi que l’on croise au fil des pages, entre autres, Michel-Ange, Raphaël, Machiavel, Copernic, ou Léonard de Vinci bien sûr. Et puis une multitude d’anachronismes savoureux : Machiavel, seigneur déchu, reconverti en journaliste de tabloïd ; des peintres fumeurs de peyotl – parce que l’Italie, évidemment, s’est établie la première sur le Nouveau Monde, au détriment de l’Espagne. McAuley réussit sans conteste une uchronie crédible, documentée et passionnante. On lit la description d’un ascenseur sans la moindre surprise, et tout juste lève-t-on un sourcil à la lecture du mot “missile”, peut-être un peu trop moderne malgré tout.
Ce décor original et vivant sert de toile de fond à une enquête portant sur l’assassinat d’un des assistants du peintre Raphaël, en mission d’ambassade pour le Pape. Les investigations sont menées par Niccolò Machiavegli, journaliste à sensations, et par Pasquale, jeune peintre témoin quelques heures avant l’assassinat d’une altercation entre Raphaël et l’homme de confiance de Léonard de Vinci. Entraîné malgré lui dans l’aventure, le jeune homme – qui est le narrateur – subit les événements dans les premières parties du roman, avant de prendre l’initiative lorsque les deux hommes vont être séparés. L’intrigue est à tiroir, complexe à souhait alors que les parties en présence sont bien plus nombreuses que l’on ne le croirait au début du roman. Le texte est enlevé, Machiavegli a l’humour et l’insouciance du Johnny Depp de Pirates of the Caribbean. Le moins que l’on puisse dire est que l’on ne s’ennuie pas.
Au final, un bien joli moment de lecture qui, comme c’est souvent le cas avec les uchronies, donne envie d’en lire plus sur cette période de l’Histoire. À noter que la récente réédition française du roman chez Folio SF est agrémentée de la nouvelle “La Tentation du Dr. Stein”, parue précédemment dans le recueil Aventures lointaines 1, et dans laquelle McAuley met en scène à nouveau son Dr. Pretorious.
- Pasquale’s Angel, Paul J. McAuley (1994), Millennium.
- Les Conjurés de Florence, Paul J. McAuley (2004), Folio SF [Trad. : Olivier Deparis].
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