Carnet

The Black Company, Glen Cook

Écrit le 11 December 2005 • 3.5Fantasy, Lectures

Résumé

The Black Company

La Compagnie Noire est vieille de plusieurs siècles. C’est la dernière des compagnies de mercenaires indépendantes en activité, dont l’histoire est consciencieusement recueillie dans les Annales. Partie combattre dans le Nord, la Compagnie va se trouver mêlée aux combats épiques qui opposent le Rebelle et les dix Possédés, qui jadis étaient de puissants sorciers tombés aux mains de la Dame et de son époux maléfique, le Dominateur.

Critique

Le résumé ci-dessus suffit à s’en convaincre : The Black Company est un récit d’heroic fantasy pur et dur, avec des sorciers maléfiques venus du fond des âges, des batailles épiques et sanglantes, et des monstres redoutables. Pour autant, voici un récit original, si ce n’est par son histoire, en tout cas par la façon de la raconter. Car ici, pas question d’un héros invulnérable qui lutte contre le Mal. Non, nous assistons plutôt aux tribulations d’une douzaine de personnages, les officiers de la Compagnie Noire, qui passent la majeure partie de leur temps à jouer aux cartes ou à s’insulter, et qui de temps en temps éprouvent quelques états d’âme quant à leur métier ou leur employeur.

Tout cela est raconté dans un style très oral par Toubib, le médecin de la Compagnie, qui tient aussi avec grand soin les Annales séculaires. Toubib écrit l’Histoire, présente ses compagnons sous leur jour véritable, et leur fait la lecture des événements des siècles passés avant les batailles décisives. Le récit est bourré d’humour noir, les relations entre les personnages font souvent sourire : le lecteur profite pleinement de cette façon de raconter. Le rythme est enlevé, les dialogues sont nombreux et de façon générale, on ne s’ennuie pas. Mais tout ça est parfois un peu décousu. Est-ce que parce qu’il ne s’agit-là que du premier volume d’une longue série ? La suite est-elle mieux structurée ? Toujours est-il que dans le présent opus, certains des sept chapitres semblent un peu trop servir de bouche-trou par rapport au reste de l’histoire. Le troisième chapitre notamment (qui est paru de façon autonome deux ans avant la parution du roman, ceci explique-t-il cela ?) s’intègre difficilement au reste du récit, et fait chuter le rythme.

L’histoire n’est pas inoubliable et l’univers manque de profondeur, mais la narration subjective à la première personne du singulier – avec reflexions amusantes de rigueur – suffit à porter le texte jusqu’au dénouement et à donner envie de jeter un œil sur le volume suivant, en espérant que celui-ci parvienne à faire oublier les défauts de celui-là. Il est à noter que The Black Company est l’une des sources d’inspiration principales du jeu Myth.

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