Carnet

1793, Pierre Bordage

Écrit le 22 February 2006 • 4Fantasy, Lectures

Résumé

1793

1793. Émile erre au hasard dans le pays vendéen. Cachée sous sa redingote, il porte toujours la dague que lui a confiée la créature de l’océan. Pétri de remords à l’idée d’abandonner derrière lui la femme qu’il aime, il n’a pas laissé le cheval invoqué par Mélusine l’emporter vers sa destination.

Cornuaud, lui, croupit depuis quatre mois à la prison de la Conciergerie. Possédé par la sorcière vaudoun, il est contraint d’assassiner régulièrement quelques-uns de ses compagnons de prison. Accusé d’avoir protégé un prêtre réfractaire, il attend la décision du tribunal révolutionnaire qui le condamnera à l’échafaud tout en se raccrochant à la possibilité d’une intercession favorable de l’une ou l’autre de ses relations qui saurait lui rendre la liberté.

Critique

Pierre Bordage poursuit dans 1793 la trilogie de L’Enjomineur qu’il avait commencée en 2004 avec 1792. Quatre mois à peine se sont écoulés entre la fin du premier roman et le début du deuxième, et la continuité entre les deux ouvrages est parfaite. On imagine sans peine que 1794, troisième et dernier volume de la série, saura conserver la même dynamique – d’autant plus que 1793 s’achève par un sérieux cliffhanger. Dans quelques années, une probable réédition des trois textes en un seul volume paraît inéluctable, et ce sera le format idéal pour cette œuvre qui mériterait davantage d’être découpée en trois parties plutôt qu’en trois romans – même si on risque malheureusement d’y perdre les magnifiques illustrations de couvertures de Gess.

Si 1792 posait le décor et les personnages tout en restant très timide sur la composante fantasy, 1793 profite de cette exposition pour développer un peu plus la part merveilleuse de l’œuvre. Les choses restent très discrètes et seuls quelques dialogues avec les créatures de l’océan interviennent, mais il n’en reste pas moins que le voile commence à se lever sur Émile. Et si les deux personnages principaux finissent par se croiser à Paris, on n’en sait toujours pas assez pour comprendre quelle sera leur relation dans le dernier volume de la série, et quel sera notamment le rôle de Cornuaud. Le Père des Pères, lui, reste drapé dans son aura de mystère, et ce n’est pas les quelques chapitres consacrés à Antoine Schwarz ou à Armande Bouvillon qui permettent d’en savoir beaucoup plus.

Dans l’ensemble donc, Bordage se contente de capitaliser sur l’univers qu’il a si richement mis en place dans le premier volume. Paris est toujours aussi habilement décrite alors que l’Histoire se déroule sous nos yeux. Les personnages secondaires sont campés avec soin – et l’on retrouve à l’occasion quelques-uns de ceux qui ont fait leur apparition dans 1792. La langue est toujours aussi riche et les dialogues aussi vivants. Pas de doute : pour celui qui a aimé le premier volume, le plaisir reste intact même si l’histoire n’avance pas beaucoup. Le dénouement n’en sera certainement que plus riche dans 1794

  • 1793, Pierre Bordage (2005), L’Atalante.

Commentaires

Il y a un commentaire pour cet article :
  1. David Martin a écrit :

    1794, Pierre Bordage…

    À Paris, Émile est l’hôte du Père des Pères, qui initie son protégé au culte millénaire de Mithra. Alors que les cultistes attendent l’arrivée de l’Atar de la fin des temps, l’organisation occulte tire parti d…

    14 April 2008 à 15h16

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