Le Temps du voyage, Roland C. Wagner
Résumé
Ab Skhy, en mission depuis la Terre pour les porteurs-de-qualité, est envoyé sur la planète Sanfran. Ceux qui contrôlent l’expansion humaine dans la galaxie – et veillent à maintenir les populations dans un certain niveau de dépendance – veulent en effet en savoir plus sur les mystérieux Charlatans, apparus il y a peu sur ce monde et dotés d’une avance technoscientifique certaine. Aidé de Sly, un étrange Terrien immortel et télépathe, il va se retrouver projeté de planète en planète à la poursuite de cette mystérieuse civilisation.
Pendant ce temps Cheval Fou, l’intelligence artificielle qui pilote le vaisseau de ravitaillement Crome Syrcus – celui-là même qui a mené Ab Skhy jusque Sanfran –, capte de son côté un appel au secours inhabituel en provenance d’un de ses confrères…
Critique
Roland C. Wagner livre avec Le Temps du voyage un roman de space opera en bonne et due forme. Voyages interstellaires, galerie de peuples et de cultures aussi divers que colorés, civilisation inconnue – et peut-être menaçante ? –, le tout agrémenté de nano-augmentations, de télépathes, ou d’intelligences artificielles… Voilà qui fonce à toute allure, enchaîne les rebondissements, les passages pleins d’humour – il faut dire qu’avec un personnage qui sait lire dans les pensées, les occasions sont légions – et les descriptions stupéfiantes des paysages et des cultures de chacune des planètes traversées.
Le texte est presque exclusivement bâti autour des aventures d’Ab Skhy. Et pour cause : c’est lui le narrateur, et le roman est rédigé à la première personne. La structure est très simple, linéaire, et la rapidité avec laquelle se succèdent les événements finit par lasser un peu. On a parfois l’impression, comme Ab Skhy, d’être ballotté en tout sens. Heureusement, on trouve parfois l’occasion de respirer. D’une part lors des descriptions – toujours très imagées – des populations, de leurs vêtements, de leurs habitudes… Wagner sait y faire, pas de doute. Ou encore lorsque les personnages eux-mêmes ont l’occasion d’une halte, que ce soit au milieu des montagnes à regarder des films de cinéma, ou sur le monde de musique de Taÿlziran. D’autre part lors des “interludes” qui interviennent de plus en plus souvent au fur et à mesure de l’avancée du roman. On suit alors l’éveil à la conscience de Cheval Fou, l’intelligence artificielle qui pilote le Crome Syrcus et qui va être amenée à recevoir certains messages en raison justement de cette qualité. Ces passages, émouvants, sont autant de contrepoints aux aventures d’Ab Skhy, et ont le mérite en plus d’éclairer l’histoire de l’expansion spatiale terrienne.
Un roman finalement un peu trop pressé, même s’il est balancé par quelques forts intermèdes et la diversité de paysages et de civilisations propres aux space operas. Au passage – et contrairement à de nombreux textes de Wagner – la musique ne joue ici qu’un rôle anecdotique.
- Le Temps du voyage, Roland C. Wagner (2005), L’Atalante.
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