Les Ombres de Wielstadt, Pierre Pevel
Résumé
Saint Empire romain germanique, hiver 1620. Le chevalier Kantz, chasseur de démons et aventurier, est de retour en sa bonne ville de Wielstadt, après une mission au service des Templiers. Mais ce n’est pas le repos que le chevalier va y trouver : outre quelques créatures maléfiques convoquées par des astrologues incompétents, ce sont des goules qui rôdent la nuit dans les rues, et qui massacrent au hasard les honnêtes citoyens. Faunes, fées, colosses simples d’esprit, nains, érudits versés dans l’art de la kabbale, sont autant de relations que Kantz va devoir faire jouer pour assister von Regenhalt, le lieutenant criminel du prévôt de police.
Critique
Les Ombres de Wielstadt est un excellent petit roman, prenant, qui donne envie d’être lu d’une traite et qui rappelle l’Abyme de Mathieu Gaborit. La quasi totalité de son intrigue se déroule dans la ville de Wielstadt, cité originale situé dans un Saint Empire romain germanique d’un XVIIe siècle de fantasy. Originale d’abord en raison du dragon qui veille sur elle depuis la nuit des temps et qui détruit irrémédiablement la moindre armée s’approchant de ses murs. Originale ensuite parce qu’en cette ville cohabitent paisiblement les hommes et les représentants du peuple fabuleux. Voilà une époque et un pays qui se prêtent particulièrement bien à la transcription dans un monde merveilleux, et Pevel est parvenu à forger pour ses romans un superbe décor.
Son récit est habilement mené, servi par de courts chapitres qui laissent à peine le lecteur respirer. La narration, même si elle porte principalement sur le personnage du chevalier, est dynamique : les personnages secondaires sont nombreux, attachants, et l’histoire est souvent relatée de leur propre point de vue pendant quelques paragraphes. Pevel prend même le temps de détailler et de consacrer un chapitre entier à certains d’entre eux alors que leur rôle n’est finalement qu’anecdotique ! Quelques parties descriptives sur l’histoire de la ville ou des peuples fabuleux, ou sur l’usage des armes à feux, viennent de temps en temps alourdir sans conséquence le récit, et participent après tout de la richesse du background. Les dialogues, nombreux, sont truculents. Tournés “à l’ancienne”, ils n’en sombrent pas pour autant dans la parodie, et s’intègrent à merveille dans le récit.
Que peut-on reprocher à Pevel dans ce roman ? Eh bien peut-être l’abondance de son background, justement, pour des histoires qui se veulent indépendantes. Il semble bien avoir produit un univers qu’il va pouvoir réutiliser à loisir dans les prochains volumes de la série – qui contient aujourd’hui trois volumes – mais trop de choses sont présentées dans Les Ombres de Wielstadt qui pour l’instant jouent un rôle un peu obscur. Quel but poursuit exactement le dragon qui veille sur la ville ? Qui est la Dame Rouge ? Et quels secrets cache le chevalier Kantz ? Enfin, ne boudons pas notre plaisir, et ne reprochons pas à un auteur de soigner, à juste titre, son univers et de ne pas tirer immédiatement sur toutes les ficelles qu’il a tissées.
- Les Ombres de Wielstadt, Pierre Pevel (2001), Pocket.
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Les Masques de Wielstadt, Pierre Pevel…
Le chevalier Kantz, chasseur de démons en la ville de Wielstadt à l’époque troublée des guerres de religion, mène un combat sans merci contre Osiander, créature de l’Ombre incarnée dans un corps humain. Aidé de Clochette, …
1 August 2006 à 21h22
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