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The Last Light of the Sun, Guy Gavriel Kay

Écrit le 27 June 2006 • 4.5Fantasy, Lectures

Résumé

The Last Light of the Sun

Bern Thorkellson vient de voler un cheval. Le cheval de Halldr Thinshank, gouverneur de l’île de Rabady, dont le corps attend la crémation rituelle. Pour Bern, le salut réside dans la fuite et dans les compagnies de mercenaires qui organisent les raids sur les côtes du pays d’Anglcyn ou de Champieres. La voie qu’avait jadis choisie son père, avant de revenir s’installer sur Rabady puis d’être condamné à l’exil…

Alun ab Owyn et son frère Dai sont quant à eux les hôtes de Brynn ap Hywll, celui-là même qui, vingt-cinq ans plus tôt, a repoussé l’invasion des Erlings et vaincu leur chef, Siggur Volganson. Venus voler du bétail dans une ferme dont ils ne soupçonnaient pas l’importance, les fils du Prince Owyn de Cadyr vont devoir se battre au côté des hommes de Brynnfell lorsque les pillards du nord vont surgir de nulle part et réclamer vengeance.

Critique

The Last Light of the Sun, comme Les Lions d’Al-Rassan du même auteur, est un véritable ouvrage de fantasy épique. Les événements qu’il relate se déroulent dans le même univers alternatif, dans une région et à une époque qui évoque cette fois les îles britanniques – et plus exactement l’Angleterre et le Pays de Galles – et les invasions normandes de la fin du premier millénaire. Le personnage du Roi Aeldred est ouvertement inspiré du roi Alfred le Grand qui organisa durant son règne – de 871 à 899 – la défense du royaume contre les Danois. Outre cette reconstitution romanesque de notre histoire, c’est dans la présence des faeries et dans l’intrigue secondaire liée à Alun ab Owyn que se manifeste le caractère merveilleux de ce roman.

Tel est le décor dans lequel Guy Gavriel Kay délivre – avec un sens poussé du récit – son histoire. Écrit sur un ton qui met en valeur les actions héroïques de ses personnages, le texte suit en détail plusieurs fils de narration qui semblent au premier abord n’avoir aucun lien, avant de les rattacher peu à peu à la trame d’une histoire vieille de vingt-cinq années. Le style est limpide et accrocheur, très lisible, et la façon qu’à Kay de ne pas interrompre artificiellement son récit tant qu’il n’y a pas de raison de quitter le personnage sur lequel il concentre sa narration contribue bien sûr au plaisir de lecture. On a vraiment l’impression que tout s’enchaîne à la perfection, et les cinq cents pages du roman se lisent avec un plaisir et une émotion rares. (Tout juste pourrait-on regretter la manie de l’auteur de s’immiscer un peu trop souvent dans son histoire pour en souligner les passages les plus déterminants – travers que j’avais déjà noté dans Les Lions d’Al-Rassan.) Même les digressions sur les “figurants” de l’histoire ne parviennent pas à briser le rythme, et rendent au contraire le récit encore plus réaliste et humain. Les quelques pages sur l’histoire de Jadwina et Eadyn – en début de chapitre douze – apparaissent par exemple comme une volonté délibérée de l’auteur de montrer que s’il a choisi de mettre en exergue la vie de certains personnages, d’autres ne sont pas affectés de la même façon par les mêmes événements.

Il n’y a pas de héros dans The Last Light of the Sun. On a beau lire de la fantasy épique, ses personnages principaux ne sont pas des preux, et la plupart d’entre eux ont une face sombre qu’ils ne songent pas à renier. C’est un monde en guerre, après tout, et la guerre n’est pas propice aux états d’âme. Mais l’auteur parvient sans peine à nous attacher à sa belle histoire. Une histoire tragique, aussi, et c’est là d’ailleurs que de petits regrets sont à attendre pour ceux qui ont déjà lu d’autres ouvrages de Guy Gavriel Kay. L’auteur, qui est sans conteste un habile raconteur d’histoires, à tendance pourtant à tirer sur les mêmes ficelles d’un roman à l’autre. Et c’est ainsi que la fin de The Last Light of the Sun ne surprendra pas le lecteur de Tigane ou des Lions d’Al-Rassan

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