Bifrost 43, Olivier Girard
Résumé
Sous la surveillance des Dieux et la tyrannie de Tarquin le Superbe, les hommes vivent dans un monde clos, divisé en huit quartiers. Numa Pompilius, fils de sénateur dont la famille à été assassinée par le tyran, est sous la protection d’une nymphe. À la tête d’une troupe d’indigents, il va guider son peuple à travers les événements liés à la Descente.
Parce que les maisons-coquillages du hameau refusent de se fermer à l’approche de l’hiver, il décide de quitter Marie le temps de passer de l’autre côté des montagnes et d’apprendre ce qui perturbe les bivalves.
Échoués sur une comète afin de réparer l’Hirondelle – un cargo de ligne chargé de vingt mille colons en sommeil cryogénique –, le capitaine Irravel Veda et son second Markarian sont victimes de pirates de l’espace. Du pacte qu’ils vont passer vont dépendre les quarante mille prochaines années, ainsi que l’avenir des galaxies.
Critique
Ugo Bellagamba est l’auteur de la première nouvelle publiée dans ce numéro 43 de Bifrost. On retrouve dans “Quirites” (
) le mélange d’histoire et de science-fiction dont l’auteur est coutumier. Cette fois, c’est dans la Rome antique qu’il nous emmène, aux côtés d’un héros tout droit sorti de Gladiator. Passagers du Latium, ses personnages sont soumis à des événements qu’ils ne maîtrisent pas, et qui décideront pourtant de l’avenir de l’humanité, dans une histoire qui ressemble à certaines des œuvres de Pierre Bordage. Un vrai plaisir de lecture, comme c’est souvent le cas avec cet auteur, et ce malgré les nombreuses coquilles qui émaillent le texte.
“Après-guerre” (
) est une nouvelle d’Emmanuel Jouanne qui a déjà été publiée en 2000 dans le numéro 22 de Nouvelle Donne. Le héros de ce conte étrange choisit de quitter son village pour découvrir ce qui affecte ses maisons-coquillages, commence à s’ouvrir au monde et revient chez lui une fois qu’il a rencontré d’autres êtres qui semblent venir chercher la guerre. Le style et les premiers paragraphes attirent l’attention, mais l’intérêt retombe vite et si la fin surprend, c’est avant tout à cause du changement brutal de registre de langue.
Alastair Reynolds est l’auteur d’une série de plusieurs romans dont la plupart se déroulent dans le même monde et qui commence par L’Espace de la révélation. “Galactic North” (
) est une novella qui fait partie de cet univers. Il s’agit d’un space opera dans toute sa splendeur : voyages inter-galactiques, espèces extra-terrestres et menaces venues d’ailleurs. S’il est délicat pour celui qui n’a pas encore eu l’occasion de se pencher sur l’œuvre de Reynolds de saisir toute l’ampleur du background à la lecture de cette seule nouvelle, il n’en reste pas moins que ce récit – qui commence comme une simple histoire de pirates et se poursuit sur quarante mille années – est de nature à donner le vertige. Et à donner envie d’ouvrir L’Espace de la révélation…
Ces trois textes sont suivis d’une trentaine de pages critiques sur les parutions du dernier trimestre – je n’y ai guère trouvé de quoi remplir ma liste de livres à acheter –, dont – nouveauté – quelques revues parues dans ce laps de temps. Vient ensuite une interview d’Emmanuel Jouanne, un auteur qui ne publiait plus à la fin des années 90 et que je n’ai jamais eu l’occasion de lire. Une section sur les précurseurs français de la littérature de science-fiction fait son apparition, avec un article présentant quelques auteurs de la fin du XVIIIe et du XIXe siècles. L’article scientifique du trimestre est écrit par Alain Musset, qui se consacre à l’étude sociologique des villes de science-fiction. Olivier Girard présente enfin les lauréats des prix anglo-saxons dont la plupart ont été décernés récemment, ainsi que quelques nouvelles rapides du milieu.
- Bifrost 43, sous la direction de Olivier Girard (2006), Le Bélial’.

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