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La Station de l’Agnelle, Jean-Claude Dunyach

Écrit le 28 September 2006 • 3Fantastique, Lectures, Science-fiction

Résumé

La Station de l'Agnelle

Une station spatiale abandonnée dont l’existence donne un sens à l’univers et à l’expansion de l’homme dans l’espace. L’amour de deux créatures dont la mue inéluctable entraîne la séparation. Le récit d’un Icare dans un futur où chacun exhibe son corps retouché afin d’asseoir son statut social. La fin d’un Ange et de son Gardien, après soixante-dix-neuf années de vie mêlée. La fuite d’une tribu indienne à l’arrivée des conquérants aux visages blancs. Une île reculée hantée par des spectres venus de la mer. Un écrivain dont les dédicaces métamorphosent ses lecteurs. Un enfant terrifié par les menaces de ses compagnons d’internat. Les habitudes migratoires des Pères Noël. La vengeance d’un assassin parfait envers son mentor.

Critique

La Station de l’Agnelle est un recueil de dix nouvelles publiées par Jean-Claude Dunyach sur différents supports, pour la plupart entre 1995 et 2000. Premier volume d’une série de cinq livrets de 128 pages, il donne un aperçu de la production de son auteur – un spécialiste de la nouvelle – dans les genres de la science-fiction et du fantastique.

“La Station de l’Agnelle” (3) évoque un futur dans lequel les hommes, repliés sur eux-mêmes, ont pour la plupart oublié la Terre, le berceau de leur civilisation. C’est le récit d’une initiation dont on retiendra surtout les deux dernières pages et la réflexion sur l’Homme qui a besoin de repères, même après s’être affranchi de la planète mère.

Le texte suivant, “Les Parallèles” (5), est mon texte préféré. Emprunt d’une poésie et d’un romantisme qui le rendent remarquable, c’est un court récit qui vaut plus pour son style et les images qu’il évoque que pour son histoire proprement dite.

Vient ensuite “Histoire d’amour avec chute” (4), une jolie nouvelle de science-fiction située dans un futur proche où l’apparence conditionne l’environnement social, et compte plus que tout le reste. Un futur qui devient de plus en plus présent, dix ans après la première publication du texte…

“Le Gardien de l’Ange” (3.5), par sa discussion autour de deux gélules, fait penser un moment à The Matrix. Mais il n’y a pas vraiment de rapport au film dans cette histoire d’anges incarnés sur terre en compagnie – à proprement parler – de leur conscience.

Dunyach nous confronte dans “Fin de l’été indien” (4) au shamanisme amérindien, dans un très court – trois pages – et puissant récit.

“Ce que savent les morts” (2) est un texte fantastique que j’ai eu de la peine à comprendre et apprécier. Peut-être ne suis-je pas assez sensible au genre ?

“Le Jeu des dédicaces” (3) est un drôle de texte de quatre pages, un clin d’œil d’écrivain qui fait de ses lecteurs des personnages.

“L’Heure des vers” (3.5) est une histoire de gamins et de fantômes, plutôt classique, qui vaut plus pour l’ambiance que l’auteur parvient à évoquer que pour son intrigue.

“Rapport sur les habitudes migratoires des Pères Noël” (1) m’a laissé plutôt perplexe. Une histoire sans intérêt et sans rapport avec le thème du recueil.

Enfin, “Le Jugement des oiseaux” (2) clôt le recueil en une trentaine de pages avec un récit de vengeance relativement classique. Si le style est l’esthétique sont intéressants, le texte est difficile et trop long.

Voilà finalement un recueil un peu décevant, même s’il reste d’une lecture agréable. Jean-Claude Dunyach se montre un habile faiseur à l’inspiration modeste, si bien que ses textes – sauf exceptions – sont vites oubliés. Pour autant, à moins de 8 euros le volume, les deux ou trois récits singuliers qui sont proposés ici valent bien le détour.

Commentaires

Il y a un commentaire pour cet article :
  1. David a écrit :

    Bifrost 47, Olivier Girard…

    L’entretien est consacré à Jean-Claude Dunyach, un bourreau de travail qui semble manquer diablement de confiance en soi. Quelqu’un aussi qui semble bien sympathique et qui accepte – comme c’est souvent l’habitude en ces pages – de se livrer en toute franchise. Merci, Monsieur Dunyach !

    2 April 2008 à 21h52

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