Carnet

The Eye of the World, Robert Jordan

Écrit le 14 January 2007 • 4Fantasy, Lectures

Résumé

The Eye of the World

Le printemps est enfin arrivé aux Deux Rivières et les paysans du village s’apprêtent à fêter dignement Bel Tine. Alors que quelques étrangers sont de passage et que l’événement s’annonce mémorable, une féroce attaque de Trollocs s’abat la nuit venue sur la communauté. Convaincus de leur responsabilité, Rand al’Thor, Matrim Cauthon et Perrin Aybara fuient la région, guidés par Moiraine Damodred – une Aes Sedai – et Lan Mandragoran – son lige.

Très vite, les trois jeunes hommes vont découvrir que leur existence menace le Ténébreux, qui hante leurs rêves. Pour échapper à son emprise maléfique, ils vont devoir s’en remettre à Moiraine l’Aes Sedai, dont ils craignent l’influence.

Critique

Voici le premier livre de La Roue du Temps, une très longue série de fantasy – onze volumes publiés à ce jour, alors que le douzième et dernier est en cours de rédaction – caractérisée par un univers extrêmement riche. On sent très vite qu’on s’embarque dans une aventure au long cours, pleine de rebondissements, de mystère et d’intrigues secondaires qui participent de l’épaisseur du récit. Jordan peut même se payer le luxe, dès ce premier volume, de présenter et d’utiliser un certain nombre d’éléments fondateurs de son monde – une armée disparue qui a traversé l’océan voilà quelques siècles, de vieilles citées hantées par de redoutables créatures, des Voies abandonnées qui servaient jadis au voyage – que d’autres auraient peut-être soigneusement distillé au fur et à mesure de l’avancement de la série. On sent ici qu’on en a pour son argent, et il ne fait pas de doute que la trame du monde est un matériau propice pour l’écriture des volumes à venir.

Pourtant, The Eye of the World collectionne les clichés sur la fantasy, et compte un nombre incalculable de références à l’œuvre de J.R.R. Tolkien. La Roue du Temps n’est clairement pas une œuvre très originale – en tout cas pas dans ce premier texte. La plupart des personnages ont des alter ego dans Le Seigneur des Anneaux, certains décors en sont aussi très inspirés – le village des Deux Rivières ou les ruines de statues antiques et colossales, par exemple. Pourtant, ce qui ressemble à première vue à un manque d’originalité n’empêche pas la lecture d’être prenante et intéressante. Au contraire même : immédiatement transporté en terrain connu, le lecteur est emporté d’autant plus vite par les événements spectaculaires des premiers chapitres. Le style est épique, l’écriture très fluide. On identifie immédiatement les héros et on sait avec certitude qui va partir à l’aventure. Et même si de temps en temps les ficelles sont vraiment grosses, Jordan annonce très vite la couleur : si la trame du monde se plie autour de Rand al’Thor, c’est qu’il est ta’veren, c’est autour de lui que le destin du monde est tissé. Alors c’est gros, oui, mais c’est aussi une façon bien commode de justifier les actes héroïques et les deus ex machina qui entourent le garçon, sans qu’ils tombent pour autant comme des cheveux sur la soupe.

Certains personnages sont plus attachants que d’autres – il y en a en fait pour tous les lecteurs – et de façon générale, la série est accessible à tous – davantage qu’A Song of Ice and Fire, par exemple, qui est beaucoup plus complexe et violente. Ici, on est porté par l’aventure, et on assiste au spectacle. Certains passages sont redoutablement efficaces et déclenchent des vagues d’émotion. Certains personnages secondaires sont attachants et on espère les retrouver dans de prochains volumes. La narration est au service de l’action et le rythme est soutenu. Voilà bien un très bon récit de fantasy qui donne envie de se plonger immédiatement dans ses suites.

Commentaires

Il y a un commentaire pour cet article :
  1. David Martin a écrit :

    The Great Hunt, Robert Jordan…

    Le Cor de Valère, qui d’après les prophéties sera sonné peu de temps avant la Dernière Bataille contre le Ténébreux, a été retrouvé et mis en sûreté à Fal Dara auprès du roi Agelmar. Présenté par Moiraine à l’Amir…

    24 April 2008 à 12h10

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