Carnet

Bifrost 48, Olivier Girard

Écrit le 16 April 2008 • 2.5Lectures, Science-fiction

Résumé

Bifrost 48

Vinh Tran et Charlotte Audiberti sont deux consultants de haut vol chez Cohésion Interne. Installé dans le TGV qui doit l’amener jusqu’à l’hôtel Sands, Vinh fait le point sur le projet Huysmans, cette usine de fabrication de produits alimentaires dont les employés semblent irrémédiablement déprimés. Alors que la réalité perd pied, il n’y a plus que Charlotte qui puisse l’aider à tirer les conclusions qu’il lui faudra présenter à la réunion du soir même.

Dan et Zenna vivent d’amour dans les jardins de la planète Huerta. Mais voilà que Caliban et ses frères – créations illégales des biogénéticiens du Pr Morrow – débarquent sur la planète, assoiffés de meurtre et de viol. Heureusement, sur Lone star XVII qui orbite autour de Huerta, Ghania Morris et Soledad Etchegaray veillent.

Sous la direction d’Ima, quatre personnages sont tenus de s’astreindre à des tâches quotidiennes dans la Maison des Quatre Saisons. Malades, c’est ainsi qu’ils pourront se recomposer et reconstruire leurs pensées dispersées et leur esprit disloqué.

Critique

“Tea, coffee, me ?” (3) est signée L. L. Kloetzer, qui semblerait être le nom de plume du couple Laure et Laurent Kloetzer. Cette nouvelle qui a pour cadre le monde du conseil en entreprise – et qui en adopte le jargon – se laisse lire d’un œil amusé. Mais a-t-elle réellement sa place ici ? Le ressort science-fictif – une sorte de réalité divergente – n’apporte pas grand chose au récit, et on se demande un peu s’il ne sert pas plutôt d’alibi à la publication dans “la revue des mondes imaginaires”. Un texte en tout cas qui fait réfléchir à ce qui pourrait effectivement constituer un récit de science-fiction : l’utilisation du jargon dès les premières pages est indéniablement un des ressorts les plus fréquemment utilisés.

“Huertas, les terrasses du crépuscule” (3) est une nouvelle de science-fiction – cette fois, pas moyen de douter : stations spatiales, biogénéticiens, planètes lointaines, androïdes – érotique. C’est-à-dire qu’en plus du décor habituel de space opera, chacun des personnages est obnubilé par une seule et même chose : le sexe, et c’est d’ailleurs à peu près tout ce qui fait l’intrigue. Soit. Mais enfin, il n’y a rien là qui puisse rendre le texte inoubliable. À quand, dans les pages de Bifrost, une nouvelle qui réveille le sense of wonder et qui s’imprime durablement dans la mémoire ?

“Dans la Maison des Quatre Saisons” (1.5) est le dernier texte au sommaire. Rédigé par Jeffrey Ford, il s’agit d’un récit étrange et déstructuré, dont la narration – à rebours ? – s’appuie sur le passage des saisons. C’est pour le moins difficile à comprendre et à moins de se replonger dans une lecture attentive – ce que je n’ai aucune envie de faire –, le texte a toutes les chances de rester très obscur. Avoir un texte extrêmement abstrait – comme celui-ci – au sommaire de Bifrost, pourquoi pas, mais c’est dommage, encore une fois, que ça se fasse au détriment de nouvelles pas forcément plus accessibles, mais en tout cas davantage liées au genre.

Le sommaire “fictions” de ce Bifrost 48 – plutôt décevant, finalement – est suivi par quarante pages de critiques des parutions de l’été et de l’automne 2007, et on y trouve de tout : des choses qu’il ne faut manifestement pas rater, et d’autres qu’il faut semble-t-il éviter de toute force. Vient ensuite un long entretien avec Daniel Walther, une autre des grandes figures de la science fiction française des années soixante-dix et quatre-vingt, qui publie plus rarement aujourd’hui. La rubrique “Les anticipateurs” est consacrée à Camille Flammarion, alors que “Scientifiction” s’intéresse à la sphère de Dyson.

  • Bifrost 48, sous la direction de Olivier Girard (2007), Le Bélial’.

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